Johnny rallume un feu du feu de Dieu
Après ce rock dénudé, sincère et dépenaillé, on attend tous la résurrection du Phénix. C’est dans une tête de mort géante qu’il se pointe, dans un vaisseau spatial façon oeuf d’Avoriaz, après explosion de mur et sur une musique pompière d’Yvan Cassar. Il y a un peu du Rambo à Sarajevo là-dedans. Le héros revient de l’enfer et rentre à la maison. Johnny - c’est connu - a toujours un briquet sur lui. Et il nous rallume un feu du feu de Dieu. Le patron est de retour !
Avec un harmonica pour naître dans la rue, des cuivres qui se réveillent pour un très ancien “partner”... Un spectacle généreux On aura beau par la suite ne pas retrouver tout à fait la voix qu’on aime, notamment sur des titres à risques, tout s’enchaîne avec facilité, dans une rock’n’roll attitude à peine perturbée par la débauche visuelle que le
showman avait promis.
Les cartouches virevoltent quand « il est fou d’amour », l’écran sera définitivement psyché quand l’orchestre se défoulera tout seul sur un très réussi « gimme shelter ». On pardonne tout au type qui chante avec un certain style
« j’ai vu plus d’horreurs que de merveilles.. j’ai vu la mort dans son plus simple appareil».
Totale générosité
Ce qui ne l’empêche pas d’embaucher d’ailleurs des choristes somptueuses et de se mesurer à l’une d’entre elles pour un duo touchant, ni de nous la faire écolo-fiction sur fond de 7e symphonie. Car les cordes en nombre sont aussi invitées, même si plus loin un harmonica suffit à convoquer Gabrielle...
Des poings géants et enchaînés surplombant symboliquement la scène. Il y a des choses subtiles, d’autres moins, dans ce spectacle que Johnny a visiblement voulu d’une totale générosité. En vrai frère, Bertignac evient fugacement pour ce « fils de personne », et pour se rapprocher de son public qu’il remercie régulièrement, Johnny avec une poignée de musiciens sûrs, vient jouer unplugged du vintage hors d’âge.
N’empêche, avec lui on veut bien croire que « cette fille-là, elle est terrible » et personne n’a oublié ses « tendres années »... Les titres s’empilent de façon vertigineuse et après un « que je t’aime » en forme de sommet amoureux avec le public, on comprend qu’on n’est pas encore couchés.
Johnny, de toutes ses forces et de toute son âme, a bel et bien retrouvé l’envie d’avoir envie. Et gagné le coeur de l’Arena hier soir.
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